Faire du théâtre, c’est accepter de ne pas savoir à l’avance ce qui va se passer

S’inscrire à un cours de théâtre, d’improvisation et d’humour, ce n’est pas tout à fait comme réserver une place de cinéma.

Au cinéma, vous pouvez vous installer confortablement dans votre fauteuil. Le film commence. Vous regardez. Vous aimez ou vous n’aimez pas. Vous restez spectateur.

Au théâtre, le spectateur, c’est vous qu’on invite à quitter votre fauteuil.

Vous allez devoir vous lever, essayer, prendre la parole, utiliser votre corps, improviser, écouter les autres, parfois vous tromper, parfois rire de vous-même… et surtout accepter de ne pas savoir exactement ce qui va se passer.

C’est précisément là que les choses deviennent intéressantes.

S’inscrire est une première étape. Jouer le jeu en est une autre.

Pousser la porte d’un cours de théâtre demande déjà une certaine audace.

Beaucoup de personnes hésitent longtemps avant de le faire. Elles se demandent si elles seront à la hauteur, si elles auront suffisamment d’imagination, si elles sauront improviser, si elles ne vont pas se sentir ridicules.

Puis elles s’inscrivent.

Mais le véritable travail commence ensuite.

Car on ne fait pas du théâtre en restant à distance de ce qui se passe.

On peut écouter toutes les explications du monde sur l’improvisation. On peut lire des livres, regarder des vidéos, comprendre intellectuellement ce qu’il faudrait faire.

À un moment, il faut se lancer.

Une improvisation ne s’apprend pas dans vingt pages d’explications.

Elle s’apprend en improvisant.

En essayant. En ratant parfois. En recommençant. En écoutant ce que propose l’autre. En découvrant qu’une idée que l’on trouvait mauvaise peut soudain devenir drôle ou intéressante lorsqu’on accepte de la suivre.

C’est aussi ce qui fait du théâtre, de l’improvisation et de l’humour un trio particulièrement riche : ces trois dimensions se nourrissent les unes les autres. 

Sortir de sa zone de confort, qu’est-ce que cela veut vraiment dire ?

L’expression est tellement utilisée qu’elle finit parfois par ne plus vouloir dire grand-chose.

Sortir de sa zone de confort ne signifie pas se mettre en difficulté pour le principe.

Cela signifie accepter, pendant quelques instants, de ne pas refaire exactement ce que l’on sait déjà faire.

Si je contrôle toujours tout, si je ne prends la parole que lorsque je suis certain de ma réponse, si je refuse un exercice dès qu’il me surprend, si je reste uniquement dans les attitudes que je connais déjà… je reste finalement dans un territoire parfaitement balisé.

Le théâtre propose autre chose.

Il invite à faire un pas de plus.

Pas dix.

Un.

Puis peut-être un autre la semaine suivante.

Et c’est souvent ainsi que l’on découvre des possibilités que l’on ne soupçonnait pas.

Accepter d’être un peu déstabilisé

Oui, certains exercices de théâtre peuvent déstabiliser.

Et heureusement.

Non pas parce que le but serait de mettre les participants mal à l’aise, mais parce qu’apprendre suppose parfois de rencontrer quelque chose que l’on ne maîtrise pas encore.

Si chaque exercice confirme exactement ce que je sais déjà faire, où est la découverte ?

Improviser, c’est précisément accepter qu’une partie de ce qui va arriver ne soit pas prévue.

Votre partenaire dit une phrase inattendue.

Vous aviez imaginé partir dans une direction et la scène en prend une autre.

Vous cherchez une idée… et rien ne vient immédiatement.

Que faites-vous ?

C’est là que commence le jeu.

Vous écoutez. Vous regardez. Vous respirez. Vous prenez ce qui est là.

Et vous avancez

.Et c’est souvent lorsque chacun commence réellement à jouer le jeu qu’une autre dimension apparaît : celle du groupe, de la complicité et de cette alchimie particulière qui fait que parfois, la magie opère dans un cours de théâtre.

Et si vous fermiez cette petite caméra qui vous juge en permanence ?

Il y a parfois dans notre tête une drôle de caméra.

Elle nous filme en permanence.

Est-ce que j’ai l’air ridicule ? Est-ce que ce que je viens de dire est intelligent ? Est-ce que les autres me trouvent drôle ? Est-ce que je fais correctement l’exercice ? Qu’est-ce qu’ils pensent de moi ?

Difficile d’improviser librement lorsqu’on est à la fois sur scène, derrière la caméra et membre du jury.

Le théâtre permet progressivement de baisser le volume de ce regard intérieur.

Pas de devenir inconscient de soi.

Mais d’arrêter de se surveiller à chaque seconde.

Parce qu’à force de vouloir contrôler l’image que nous donnons, nous finissons parfois par empêcher quelque chose de beaucoup plus intéressant d’apparaître : notre spontanéité.

Lorsque cette surveillance intérieure commence à diminuer, on ose parfois aller beaucoup plus loin dans ce que l'on exprime. C'est aussi l'une des forces du théâtre : il permet parfois de dire ce que l'on n'arrive pas à exprimer ailleurs.

Prendre le risque… de réussir

On parle beaucoup de la peur d’échouer.

Mais il existe parfois une autre peur, plus discrète.

Et si je réussissais ?

Et si je découvrais que je peux improviser ?
Que je peux faire rire ?
Que je peux prendre de la place sans écraser personne ?

Que mon imagination est beaucoup plus riche que je ne le pensais ?

Que je peux être regardé sans disparaître ?

Que je suis capable d’oser quelque chose que, quelques semaines auparavant, j’aurais juré impossible ?

Cela peut être étonnamment déstabilisant.

Parce qu’il faut alors accepter de modifier un peu l’histoire que l’on se raconte sur soi-même.

« Je suis timide. » « Je n’ai aucune imagination. » « Je ne suis pas drôle. » « Ce genre de choses n’est pas pour moi. »

Peut-être.

Ou peut-être n’avez-vous simplement pas encore suffisamment essayé.

L’humour commence aussi lorsqu’on arrête de vouloir être parfait

Faire de l’humour ne signifie pas nécessairement savoir raconter des blagues.

L’humour peut naître d’une situation, d’un silence, d’une réaction inattendue, d’un décalage.

Et parfois de notre capacité à ne pas nous prendre continuellement au sérieux.

L’autodérision n’est pas se dévaloriser.

C’est pouvoir regarder certaines de nos maladresses, de nos contradictions ou de nos petites manies avec suffisamment de distance pour en rire.

Et cette capacité change énormément de choses sur une scène.

Parce que celui qui accepte de ne pas être parfait devient souvent beaucoup plus libre.

C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles l’humour peut nous aider à traverser certaines épreuves de la vie

Un cours de théâtre n’est pas quelque chose que l’on consomme

Le professeur peut proposer des exercices, créer un cadre, accompagner, observer, ajuster, encourager, parfois pousser un peu plus loin.

Mais il ne peut pas faire l’expérience à votre place.

Votre progression dépend aussi de ce que vous acceptez d’engager dans le travail.

Votre présence.

Votre curiosité.

Votre régularité.

Votre écoute.

Votre envie d’essayer.

Votre capacité à recommencer lorsqu’un exercice ne fonctionne pas immédiatement.

Faire du théâtre, ce n’est donc pas seulement venir au cours.

C’est être présent au cours.

Et la différence est immense.

Il ne faut pas avoir confiance en soi avant de commencer

C’est peut-être l’un des plus grands malentendus.

On attend parfois de se sentir prêt.

Plus sûr de soi.

Moins timide.

Plus spontané.

Mais si vous attendiez d’avoir confiance pour faire tout ce qui pourrait justement vous permettre de développer cette confiance, vous pourriez attendre longtemps.

On peut commencer avec des hésitations.

On peut avoir peur.

On peut ne pas savoir.

Ce qui compte davantage, c’est d’avoir envie d’essayer.

Car le théâtre ne demande pas que vous sachiez déjà faire.

Il vous demande d’accepter de découvrir.

Et vous, êtes-vous prêt à jouer le jeu ?

Pas à être un bon comédien.

Pas à être le plus drôle du groupe.

Pas à réussir chaque improvisation.

Simplement à venir avec suffisamment de curiosité pour essayer.

À laisser parfois votre petite caméra intérieure au vestiaire.

À accepter de ne pas tout maîtriser.

À faire un pas en dehors de ce que vous connaissez déjà.

Et peut-être à prendre un risque auquel on pense moins souvent :

celui de vous surprendre vous-même.

Cours de Théâtre, Improvisation & Humour à Bruxelles

Cours hebdomadaire

Les lundis de 19h30 à 21h Cycle de 12 cours – 365 €

Pour pratiquer régulièrement, progresser et approfondir le travail au fil des semaines.

Cycle découverte

Les jeudis de 19h30 à 21h Cycle de 5 cours – 150 €

Une formule courte pour découvrir l’atelier, expérimenter et voir si vous avez envie d’aller plus loin.


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