Faire du théâtre pour faire tomber les masques : et si jouer un rôle permettait d'être davantage soi-même ?

Pourquoi faire du théâtre lorsqu'on ne rêve pas nécessairement de monter sur scène ? Pour s'amuser, improviser, prendre confiance en soi ? Certainement. Mais parfois, il se passe quelque chose de plus profond : en jouant des personnages, on découvre de nouvelles façons d'être, de s'exprimer et d'entrer en relation avec les autres.

C'est précisément ce qui me passionne dans les cours de théâtre, d'improvisation et d'humour que j'anime à Bruxelles.

Au théâtre, on porte des masques… pour mieux les faire tomber

Dans la vie quotidienne, nous portons tous des masques.

Celui de la personne compétente, qui maîtrise la situation.

Celui de la personne souriante, même lorsqu'elle traverse une période difficile.

Celui de la personne discrète, qui préfère ne pas déranger.

Ou encore celui de la personne forte, qui ne laisse rien paraître de ses fragilités.

Ces masques ne sont pas nécessairement mauvais. Ils nous protègent parfois. Mais ils peuvent aussi finir par limiter notre liberté.

Au théâtre, le paradoxe est intéressant : on joue un personnage, et c'est parfois ce détour qui nous permet de nous montrer plus librement.

En improvisant, on peut devenir autoritaire alors qu'on est habituellement réservé. Exubérant lorsqu'on est discret. Maladroit lorsqu'on cherche toujours à tout contrôler.

On expérimente d'autres attitudes, d'autres réactions, d'autres façons d'occuper l'espace.

Et l'on découvre que notre personnalité est peut-être beaucoup plus vaste que l'image que nous avons l'habitude de donner.

J'évoquais déjà cette liberté dans mon article Cours de théâtre à Bruxelles : osez ouvrir la porte d'une vie plus vivante.

Avant de jouer, apprendre à se déposer

Dans mes ateliers, nous commençons souvent par un travail au sol.

Respirer. Relâcher certaines tensions. Sentir les appuis. Porter attention au corps et à ses sensations.

Pour quelques participants, c'est une découverte.

Nous sommes tellement habitués à agir, à réfléchir, à anticiper, que prendre quelques instants pour simplement ressentir peut déjà changer notre disponibilité.

Il ne s'agit pas de réussir un exercice de relaxation.

Il s'agit de se donner la possibilité d'être davantage présent, à soi-même et aux autres.

Ce travail prépare aussi ce qui va suivre : le jeu, l'improvisation, l'écoute et la rencontre.

Improviser à deux : construire ensemble plutôt que chercher à gagner

J'aime particulièrement les improvisations à deux.

Il n'y a pas de match à remporter. Pas de partenaire à battre. Pas de compétition pour savoir qui aura la meilleure idée.

Il y a une histoire à construire ensemble.

L'un propose quelque chose. L'autre accueille cette proposition et y ajoute un élément. L'histoire prend parfois une direction complètement inattendue.

Pour que cela fonctionne, il faut écouter.

Accepter de ne pas tout décider.

Laisser de la place à l'imagination de l'autre.

Et parfois renoncer à sa propre idée pour découvrir quelque chose de plus intéressant.

Ce qui se joue dans une improvisation dépasse largement le théâtre.

Dans nos relations quotidiennes aussi, savons-nous réellement écouter ? Accueillir ce que l'autre apporte ? Construire avec lui plutôt que chercher à imposer notre point de vue ?

Le théâtre devient alors un formidable terrain d'expérimentation.

Comme je l'explique dans Faire du théâtre, c'est accepter de ne pas savoir à l'avance ce qui va se passer, une partie de la découverte commence précisément lorsqu'on accepte de ne pas tout maîtriser.

Applaudir celui qui ose, pas seulement celui qui réussit

Après chaque improvisation, nous applaudissons.

Cela peut sembler anodin.

Pourtant, ce geste contribue à installer une atmosphère dans laquelle chacun se sent encouragé à essayer.

On n'applaudit pas uniquement une performance brillante. On reconnaît aussi le fait d'avoir osé se lancer, de s'être engagé dans le jeu, d'avoir pris un risque.

Et lorsqu'une improvisation ne fonctionne pas comme prévu ?

Eh bien, on peut en rire, en tirer quelque chose et recommencer !

Je raconte d'ailleurs volontiers à mes élèves combien je me suis sentie mal à l'aise lorsque j'ai commencé l'improvisation.

Non, on ne devient pas spontanément à l'aise parce qu'on décide de faire du théâtre !

J'aime démystifier cette idée du professeur qui aurait toujours tout su faire.

On apprend. On hésite. On se trompe. On progresse. Et on continue d'apprendre.

L'humour et l'autodérision jouent un rôle précieux dans ce processus. J'en parle également dans mon article Où en êtes-vous avec votre capacité à rire de vous-même ?.

« J'ai l'impression que tu n'as peur de rien ! »

Un jour, un participant m'a dit :

« J'ai l'impression que tu n'as peur de rien ! »

Sa remarque m'a surprise.

Parce que, bien entendu, j'ai connu des peurs, des hésitations et des moments de doute. Et j'en connais encore.

J'ai alors réalisé quelque chose : 

Il me voyait comme un chemin fini, alors que je suis encore en cheminement. 

C'est peut-être l'un des malentendus les plus fréquents autour de la confiance en soi.

Nous imaginons parfois que les personnes qui osent n'ont plus peur.

Mais la liberté ne consiste pas nécessairement à ne plus avoir peur. Elle peut aussi consister à ne plus laisser la peur décider de tout.

Et c'est une découverte que le théâtre permet d'expérimenter concrètement.

On n'attend pas d'être parfaitement à l'aise pour improviser.

On improvise, et peu à peu, on découvre qu'on peut faire des choses que l'on croyait impossibles. 

Le théâtre n'est pas une destination, mais une exploration permanente.

Quand la confiance se prolonge après le cours

Il y a un phénomène que j'observe régulièrement et qui me touche particulièrement.

Le cours se termine.

Les exercices sont terminés.

Et pourtant, les participants restent.

Parfois longtemps.

Ils discutent, échangent leurs impressions, racontent une expérience personnelle, une rencontre, une difficulté ou un souvenir.

Et quelque chose de très particulier se produit.

Des personnes qui, quelques semaines auparavant, ne se connaissaient pas commencent à se parler avec une véritable confiance.

Pourquoi ?

Je crois que les exercices y contribuent beaucoup.

Pendant le cours, chacun a accepté de se montrer, parfois maladroit, parfois drôle, parfois inattendu.

Chacun a vu les autres prendre des risques, chercher, hésiter, inventer.

Et chacun a découvert qu'il était possible d'être accueilli sans être jugé.

Cette expérience partagée change progressivement la qualité des relations.

On ne se rencontre plus seulement à travers son métier, son âge ou l'image que l'on donne habituellement.

On découvre des personnes.

Bien sûr, cette confiance ne se décrète pas. Elle se construit, et elle demande que chacun accepte d'entrer dans le jeu, dans le respect des autres.

Mais lorsqu'elle s'installe, elle est particulièrement belle à observer.

Le théâtre ouvre le champ des possibles

Un participant qui avait déjà suivi un cycle de théâtre m'a récemment expliqué combien cette expérience lui avait fait du bien pendant une période très difficile de sa vie.

Ce qu'il retenait notamment, c'était la possibilité de jouer des rôles différents et d'ouvrir ainsi le champ des possibles.

J'aime beaucoup cette expression.

Car nous nous enfermons parfois, sans nous en rendre compte, dans une définition très étroite de nous-mêmes. 

« Je suis timide. » 
« Je ne sais pas faire rire. »
« Je ne suis pas créatif. »
« Je n'ose pas parler devant les autres. » 

Et si ce n'étaient pas des vérités définitives ? 

Et si nous pouvions expérimenter autre chose ? 

Le théâtre n'est pas une thérapie et ne prétend pas résoudre toutes les difficultés de la vie.
Mais il offre un espace où l'on peut explorer, essayer, ressentir et découvrir de nouvelles possibilités.  
On vient au théâtre pour jouer des personnages, et l'on découvre parfois qu'on peut enfin être soi-même.

Envie de découvrir le théâtre, l'improvisation et l'humour à Bruxelles ?

Vous n'avez pas besoin d'avoir déjà fait du théâtre.

Vous n'avez pas besoin d'être extraverti, particulièrement drôle ou de savoir improviser.

Il suffit d'avoir envie de découvrir, d'essayer et de partager une expérience avec d'autres personnes.

Dans mes ateliers, nous travaillons avec le corps, la voix, les émotions, l'improvisation et l'humour, dans un cadre à la fois bienveillant et exigeant. 
Prochain cycle découverte : jeudi 5 novembre 2026 à 19h30, à Bruxelles.

Un cycle de 5 cours pour expérimenter, jouer, rire, rencontrer d'autres personnes et peut-être découvrir en vous des possibilités insoupçonnées.

Tarif : 150 € pour les 5 cours.

Découvrez les cours de théâtre, d'improvisation et d'humour et les modalités d'inscription.

Françoise Akis Cours de théâtre, improvisation et humour à Bruxelles www.cours-de-theatre.com